Mardi, à la fin du tour du PH dans le service, début d’une douleur lombaire en barre. Effet de l’excès de VTT ? Le soir, premier tremblement, laissant présager un probable syndrome viral bénin… Mais le tout s’enflamme pendant la nuit, je sue, je bous, j’essouffle… Au matin, horrible syndrome cellulo-téno-myalgique, température flirtant avec le 39,5 , décharge bactériémique avec frissons, malaise au petit déjeuner… Du paracétamol, un coup de tel à HellCat, et je me recouche pour … 18 h de sommeil, entrecoupé de réveils épisodiques pour se bourrer d’antipyrétiques (éviter l’association AINS-AAS génératrice de douleurs épigastriques) et de cauchemars hantés par l’hypocondrie… Je m’explique : la D4 est l’année des épisodes de maladie de Crohn chez pas mal d’amis… Moi, c’est l’infection qui me guette, me hante, m’épuise… Frissonnant de ma septicémie, dyspnéique à l’idée de ma pneumocystose, auscultant mon souffle cardiaque d’endocardite aiguë, j’angoisse. Un jour plus tard, les ganglions apparaissent, l’éruption maculeuse aussi, les amygdales s’hypertrophient, l’haleine est fétide, le dépôt dans la gorge grisâtre... Diphtérie post-voyage en Pologne : probabilité nulle. Angine de St-Vincent par défaut d’hygiène bucco-dentaire : probabilité mince (je l’avoue, je n’amène presque jamais ma brosse à dents au CHU pour se laver les quenottes après le self. Mea culpa !). Les probabilités qui viennent à moi sont bien pire : hémopathie versus infection à VIH. Le sommeil ne viendra pas la nuit suivante, la fièvre est toujours élevée, je me décide à consulter… C’est seulement une angine bactérienne doublée d’une sinusite frontale. L’antibiothérapie est déjà efficace. L’angoisse s’efface peu à peu, mais elle reviendra…. J’en suis sûr….