Entre doutes et incompétences professionnelles, indisponibilité hospitalière exclusive et totale, flou sportif, même la vie amoureuse perd tout son sens et certains gardent le sens de la tournure :
" Je ne peux aimer par défaut tes défauts ". Tellement plus sincère par SMS...

Je trouve ma vie merdique. Pas seulement une semaine de loose, entrecoupée de contre-performances, doutes, bourdes et autres désagréments hospitalo-administro-universitaires.
Je trouve réellement que ma vie c'est de la merde concentrée. Aujourd'hui, j'ai craqué. Barré de mon service à midi après une nuit blanche.
Et là je prends le temps de penser, chose que je fais rarement. Penser à moi. Analyser. Et oublier les 21 gardes et astreintes du mois.

Que m'apporte ma vie ? Qu'est ce qui me donne le sourire ?
A part savoir que mes amis et mes proches sont heureux... et que je les envie secrètement.

J'en ai marre de passer un temps incalculable au travail, couillonné par des chefs et une administration plus mesquine encore que les traders américains.
J'en ai marre du temps alors.
De voir que je n'avance plus, que je recule même. Que je n'ai plus la force d'être compatissant, de faire preuve d'empathie. Que je ne lis plus, ni même n'étudie.
Que je ne suis toujours pas inscrit à la fac, alors que la dead line est toute proche, signe de mon désinvestissement même à devenir docteur.
Côté garçon, à force de consommer du speed sex, j'en oublie qu'à mon âge, on cherche plus l'amour que la baise. Mais force est de constater que Paris ne m'aide pas à m'en sortir, tiraillé entre sortir du communautarisme ambiant et m'outer réellement pour faire taire des rumeurs pesantes.

La solution, j'en vois peu. Les alternatives radicales ne sont pas présentes. Mais les remèdes homéopathiques, ni même le sport ne sont plus assez efficaces.
Pour le moment, et contre toute attente, je me suis mis à fumer. 5 par jour par plus, inhibant tout tremblement d'attitude de l'apprenti sorcier stressé et annihilant tout surplus de pensées quand le cerveau est noyé dans un nuage hypercapniant, relayé par la boucle du plaisir nicotino-dépendante.

Ma seule angoisse, tomber encore plus profond et ne savoir comment revenir à la surface...