mercredi 9 juillet 2008
Quizz d'externe
Esculape en interne d'orthopédéie, ça donne beaucoup de gaffes, de fous rires et de maladresses. Je suis comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, omettant de demander le côté aux patients opérés, oubliant les anticoagulants ou confondant métacarpien et métatarsien...
Mais la palme revient ce jour à mes deux externes "d'une grande fac parisienne", comme ils aiment le répéter...
- Esculape, Esculape, on peut t'accompagner ce jour ?
- Vous savez, ça change pas d'habitude... Une accumulation de PTH et de PTG sans pause pipi ou boisson !
- Pourtant, le programme semble plus intéressant avec cette tumeur du genou.
Je sais bien que je ne suis pas très motivé par ces 6 mois de menuiserie humaine mais comment aurait-je pu sauter cette pathologie tumorale face à l'avalanche de troubles fonctionnelles où se suivent fainéants, hystériques et autres victimes des AT du week-end ?
- Mais de quoi vous parlez ?
- Ben de la salle 5...
Salle qui bien sûr ne m'est pas dédiée, mais spécialisée dans le digestivo-proctologique.
Je lis avec surprise le nom de l'intervention affiché sur le tableau Véléda à l'entrée du bloc : Condylome....
Confondre condylome et une tumeur du condyle (partie distale du fémur) m'a fait pouffer de rire.
Pour l'explication, elles ont dû attendre l'intervention d'un gentil IADE homosexuel - cherchez bien, y en a toujours un par bloc, l'histoire des quotas me direz-vous ! - qui s'est chargé de l'enseignement... J'espère qu'il ne leur a pas fait part de son expérience personnelle...
PS : Résultats des ECN tombés ce jour. Félicitations à ceux qui ont réussi brillamment. Pour les autres, on s'épanouit tellement dans des sphères si différentes de la médecine que vous trouverez bien votre voix une fois lancé dans l'internat.
mercredi 19 mars 2008
Devil
Plus le temps de faire du sport,
Plus le temps de se raser, ni même de se laver,
Plus le temps de manger à midi, ou simplement de faire un tour aux toilettes.
Retour dans l'enfer des gardes d'internes pour un salaire minable.
15 jours de pur bonheur aux oubliettes après 36 heures non stop.
Awful...
jeudi 30 août 2007
Over
Après avoir terminé un bouquin destiné aux jeunots dans l'apprentissage de l'urologie et de la néphrologie, des gestes à maitriser, des urgences à reconnaître....
En plein management de deux études rétro et prospectives réno-prospastiques qui me prennent mon temps et mon énergie...
Dans l'attente de partir à Pragues pour une session sur le cancer de la prostate...
Me voilà inscrit ce jour au Congrès de la Société Internationale d'Urologie pour présenter un poster.
L'article n'est pas encore maitrisé, l'anglais est déjà balbutiant, le costume n'est pas revenu du pressing... et mardi arrive à grand pas.
Pensons alors à des choses agréables, en croisant les doigts pour la garde de lundi soit calme. Ou tentons alors l'emploi soupoudré de bétabloquants pour éviter voie chevrautante, mains moites et autres auréoles sous axillaires...
samedi 25 août 2007
Auto-satisfaction
" Je tenais, comme mon époux l’avait souhaité, à vous remercier pour l’espoir, l’humanité et la confiance que vous avez su nous donner.
Vous étiez, avec votre gentillesse et votre compétence, un important point de repère pour lui.
En l’absence de XXX, c’est vos paroles qui devaient être suivies... "
Il s’en est allé avant d’avoir soufflé ses 60 ans bougies.
J’ai fait de mon mieux mais je suis loin d’être à l’aise avec ce qu’il est bon ton d’appeler, de nos jours, les " soins palliatifs ".
vendredi 8 juin 2007
Bad day
Je crois l’avoir déjà raconté, mais, parfois, sans s’en rendre compte, on induit, on déduit, on comprend l’incompréhensible, ressent l’inaccessible. Surtout quand on enchaîne une nouvelle gade avant un mariage entre amis.
Mon service, d’habitude léger, s’est durci depuis quinze jours : deux ados à gérer depuis leur chute. Tétraplégie, vessie neurologique, dérivation cutanée continente, crise anxieuse, agitation, dépression, fièvre sans raison : tous les sentiments adultes dans un corps meurtri fusent à mon entrée dans leurs chambres.
Des familles trop présentes pour des malades qui ne le sont pas assez.
Des pédés à profusion à soigner, dont les pathologies tournent autour de la prostate, des testicules, de bourses trop grosses, trop fripées, trop pendantes...
Des célébrités à sonder, et donc des ennuis en perspective. Les patrons et l’armada des conseils professoraux fusent sur mon portable-bip, au point de ne plus comprendre la prise en charge thérapeutique optimale. Pour le malade. Pour ma carrière.
Et depuis le début, ce sentiment, cette sensation, cette odeur....
Je l’ai sondé à 21H, son état était instable, il est décédé ce matin.
Un autre l’a suivi dans la journée, je m’y attendais, la famille déchirée par des querelles de succession n’a pu s’empêcher de se déchirer dans le couloir.
Et le troisième en début de soirée. De l’âge de mon père. J’ai mal géré son angoisse, sa douleur. J’ai mal géré sa fille, sa femme et ses deux fils. Je ne savais que dire, que faire. J’ai augmenté les doses de morphine. Sans succès.
Dans Grey’s Anatomy, le chiffre est de 7.
Moi, il restera bloqué à 3.
Etre interne en chirurgie, ce n’est pas être encore un chirurgien. C’est gérer ce que les vrais chirurgiens ne souhaitent plus faire.
Heureusement, il y a S et son poster.
Et Fred Belaubre dont la vie ressemble à la mienne. Le sport et le sourire en moins.
mercredi 3 janvier 2007
Sémantique
Après avoir répété plusieurs fois " écartez les jambes " à mes patientes un peu réticentes à l'examen de leur col, j'ai eu le droit à un cours de politesse et de bonnes manières par les sages-femmes.
Apparemment, cette phrase choque et déplait.
On préfère une version plus poétique.
" Laissez tomber les genous "
mardi 26 décembre 2006
Trêve des confiseurs
On appelle souvent la période de Noël la trêve des confiseurs, cette semaine où le temps s’écoule moins vite, où la vie –économique du moins – semble s’arrêter, où chacun prend soin de l’autre et passe en famille d’excellentes fêtes.
Cette phase de tranquillité apparente est souvent retrouvée dans la salle d’attente des hôpitaux où l’affluence diminue jusqu’à un point zéro, les patients préférant manger tranquillement qu’attendre des plombes dans un hall refroidi par les courants d’air.
Et pourtant...
Dès mon arrivée hier, j’ai été happé par le flot de sorties, les femmes en post-partum désirant rentrer chez elle le plus tôt possible. Les urgences gynécologiques commençaient à enfler de petits maux en tout genre. Et je fus appelé directement en salle de travail pour seconder les sages-femmes qui ne s’en sortaient plus des ventres qui poussaient.
Alors que les bosses acromiales étaient sur le point de passer la vulve chez cette sympathique primipare, le Chef me bipe pour une révision du col sous valves avec une épisiotomie latérale droite.
J’arrive sans me presser dans la salle de pré-travail (tous les vrais box étant déjà occupés) et j’aide mon Chef à suturer les deux commissures déchirées.
Puis, soudain, tout va vite, tout s’enchaîne, tout s’accélère sans rien n’y comprendre.
Elle se plaint d’une gêne respiratoire, le scope indique une tachycardie à 160, les yeux se révulsent, elle sue, les mains sont froides, la peau se marbre. Le tensiomètre s’affole à 64 / 42 mm Hg, le saturomètre indique 60 % en air ambiant et les 12 L d’oxygène au masque n’aident pas.
On remplit, bipe l’anesthésiste, débute la réanimation. On commence la prise en charge scrupuleusement respectée de l’hémorragie de la délivrance, puisque le col, apparemment sain, jette du sang à flot.
Les culots globulaires sont commandés mais mettent longtemps à arriver.
Appel des hôpitaux environnants pour une embolisation en urgences. Le premier établissement n’a plus de place, le deuxième est d’accord, mais faute de temps, on passe notre patiente au bloc pour une intervention de la dernière chance avant l’impensable pour un obstétricien : l’hystérectomie d’hémostase. C’est la tempête en salle, tout le monde s’affole.
La tension est toujours dans les chaussettes, le premier bilan fait apparaître une CIVD majeure avec anémie sévère : Hb 4,5 ; plaquettes 30 000 ; TP < 10, TCA > 120, fibrinogène < 0,3.
Les pertes sanguines sont régulées, tant bien que mal, par une triple ligature vasculaire d’hémostase et une ligature des artères hypogastriques.
Une fois l’hémodynamique fragilement stabilisée, les troubles de l’hémostase restent graves et non modifiées par rapport au bilan initial malgré les 10 concentrés globulaires, les 8 plasma frais congelé, les unités plaquettaires, la supplémentation en fibrinogène et le remplissage vasculaire.
Le SAMU la transporte directement en réanimation.
L’hypothèse initiale d’hémorragie de la délivrance semble fausse, on s’oriente actuellement vers une embolie amniotique, la crainte ultime du gynécologue, qui frappe sans crier garde et sans annoncer sa venue. La défaillance multi-viscérale se poursuit.
Mon chef et moi-même rencontrons enfin la famille : j’aurai aimé entendre de sa voix qu’ « elle était hors de danger » Mais la vérité sonnait plus gravement : « le pronostic est réservé ».
Une fois la tempête amoindrie et avant de retourner aux charbons, on est allé ensemble voir le petit I. dans sa couveuse : je l’ai pris dans mes bras, il a bien cherché un téton maternel et je n’ai eu qu’à lui proposer un biberon de lait artificiel. Mon chef l’a ensuite habillé, l’a collé contre son torse et lui a chanté une berceuse. Que sa maman aurait du fredonner à notre place...
vendredi 22 décembre 2006
Perles de pompiers
Quand la garde devient lourde à gérer, que le temps parait infiniment long, qu’il y en a marre d’expliquer aux patientes qui se présentent à 4 H du mat’ que leur saignement endo-utérin n’est que l’illustration de leur hémorragie de privation (et oui, les menstruations reviennent tous les mois environ !) et que mes deux derniers neurones ne baignent plus dans du liquide céphalo-rachidien mais dans un sérum caféiné (et dire que je n’ai bu mon premier café qu’à 21 ans lors de mes premières nuits d’aide-soignant ; depuis, j’ai bien rattrapé mon retard. Il ne me reste plus qu’à fumer et je pourrai jouer alors le parfait petit anesthésiste), il n’y a rien de mieux que d’accueillir une patiente emmenée par les pompiers.
C’est toujours l’occasion :
- primo, de mater l’homme viril et musclé qui se cache sous l’uniforme
- secundo, de se taper une bonne tranche de rigolade devant les inepties de leurs rapports
Quelques perles en avant première (et je n’ai commencé il n’y a que deux mois) :
- « Femme en sainte ». Comme si un gros ventre pouvait l’être.
- « Perte des os ». Et les muscles, ils passent aussi ?
- « Femme victime de contractions ». On connaît déjà le coupable !
- « Femme qui n’arrive pas à aller aux sels ». Aux mines de Berchtesgaden ?
Je crois bien que mes cours chez les casqués auront une double utilité...
dimanche 17 décembre 2006
D-Day
Je suis un peu absent sur ces pages qui m’ont pourtant bien aidées par le passé.
Alors j’ai choisi de revenir sur les lieux de mes précédents crimes et de me servir de ces quelques lignes pour sortir de l’apathie et de la spirale négative dans laquelle je me sens aspirer.
Je ne cherche ni empathie, ni soutien. C’est un autre moyen de trouver des points positifs, des raisons de sourire et de ne plus médire, des repères dans une ville dans laquelle je ne me suis toujours pas adapté, ni inséré.
Sept ans de rêves pour en arriver à la cinglante conclusion de ces deux derniers mois.
Je mets la faute actuellement sur ma situation professionnelle mais je sais que le bât blesse ailleurs. Je me déteste. Je hais la médecine, je râle contre le personnel et les patients. Je maudis mes collègues et supérieurs. Je vomis l’image que je renvois. Je comprends enfin pourquoi la société nous abhorre. Mais puis-je changer ?
Le coupable est en moi et je choisis mon espace de liberté, mon escapade blogesque pour retrouver le petit truc qui me faisait avancer. Même si la vie en province, dans ma famille, au côté de mon frère, n’était pas simple, je la trouvais bien mieux qu’ici. Actuellement.
Je ne veux pas aller sur le divan ou saouler HellCat de mes états d’âme (qu’elle connaît bien, j'en suis sûr).
Alors j’écris.
Revenons un peu en arrière, il y a presque deux mois.
Mercredi.
Une journée ensoleillée, comme il y en a eu tant cet automne.
On a trouvé un rendez-vous commun avec les trois autres internes et j’arrive le premier.
Devant l’hôpital que je dévisage du regard, ne pensant pas que ce monstre est prêt à me dévorer.
Parité parfaite : 2 garçons, 2 filles. Trop de possibilités.
On est tous des expatriés, on a tous choisi de s’installer dans la capitale. Pour apprendre, pour être proche de la perfection et du meilleur de ce qui se fait ne matière d’enseignement, de recherche, de moyens financiers et logistiques en France.
La Chef nous fait patienter, accueillie par le sourire de sa charmante secrétaire antillaise. Salle d’attente agréable, dont les murs supportent des tableaux du Paris des années 30. Insouciant. Heureux. Entre deux guerres...
Le premier contact est facile, aisé, maternalisant. Trop peut-être. Le beau temps avant la tempête.
La soixantaine haletante, elle est vraiment bien conservée et dynamique, même si ses mains laissent entrevoir les années qui commencent à s’accumuler au travers d’une arthrose digitale et des nodosités d’Heberden et Bouchard.
Déjà nostalgique d’un passé lointain, elle nous rappelle que la médecine est avant tout clinique et que toute échographie du col ne remplacera jamais le sacro-saint toucher vaginal.
Elle se présente ensuite. Sans chichi ni tralala.
« Je suis bientôt en retraite, je suis célibataire et sans enfant, je suis folle de travail. Et je préfère les filles aux mecs. » déclare-t-elle en fixant dans les yeux mes deux co-internes.
Réalité d’un féminisme exacerbé. Mise en relief de son parcours jonché d’écueils posés par ses Pères, qui refusait alors de laisser la chefferie au « sexe faible ». Ou alors aveu simple et sans détour de sa sexualité. Les trois assurément.
Elle nous décrit rapidement le service et la population soignée, en majorité immigré, peu éduquée, difficilement suivie. Chez qui une sérologie VIH est devenue systématique. Et à qui on demande de signer, avec leur conjoint, un pseudo-contrat stipulant la présence de médecins avec un phallus entre les jambes, ce qui ne constitue, en aucun cas, un motif de rébellion et de scandale. Pour contourner, tant bien que mal, l’intégrisme trop souvent rencontré en maternité.
Les IVG sont apparemment nombreuses. La Chef nous demande notre avis sur la question. Une des internes refuse d’en pratiquer. C’est son choix et il est accepté, sans sourciller.
Une heure plus tard, on sort. Content de ce premier contact.
On se retrouve au bar du coin pour apprendre à se connaître. Mêmes appréhensions et mêmes rêves.
Et préparer le planning de gardes.
Et tout commence à fléchir.
Quatre internes de premier semestre. Pas de FFI – au statut inacceptable à mon avis - pour nous supplier, puisqu’ils ont tous décliné l’invitation à nous rejoindre. Bizarre...
Huit gardes par mois. Le temps libre va être bien limité...
mercredi 1 novembre 2006
Ce que j’ai appris en stage
Dans la perspective d'une nuit courte, hantée par l'angoisse du premier jour, du grand saut dans l'inconnu, dans l'univers impitoyable de la formation professionnelle tellement idéalisée. J'ai la sensation que tout va vite dans ma tête, mais sans assez de précision, de rigueur, de méthode...
Mieux vaut donc penser à son externat.
Quand tu passes en cardiologie, tu comprends les méfaits de la triple association obésité-diabète-dyslipidémie. Et tu réduis ta consommation hebdomadaire d’oeufs à deux par semaine.
Quand tu passes en pneumologie, tu apprends que le tabac est vraiment un ennemi redoutable. Et que rien ne semble le contrer.
Quand tu passes en urologie, tes rêves de faire un toucher rectal à de jeunes et beaux patients s’envolent.
Quand tu passes en pédiatrie, ce qui est le plus difficile à gérer reste les parents.
Quand tu passes dans le service d’anatomie pathologique, tu te rends compte que la vision binoculaire à travers un microscope ne te convient pas. Et que tu as besoin d’une discipline à patients. Que les lames de verre ne communiquent pas assez.
Quand tu passes en chirurgie générale, tu rêves d’avoir la dextérité du chirurgien. De suturer la peau afin de donner des cicatrices esthétiques.
Quand tu passes en orthopédie, tu éviteras de mettre des tapis sous ton lit. Et de faire du ski en hors piste.
Quand tu passes en néphrologie, tu switcheras les AINS contre du simple paracétamol lors des prochaines crises migraineuses. Et tu réduiras ta consommation quotidienne de sel.
Quand tu passes à nouveau en pneumologie, les radiographies thoraciques restent toujours un mystère. Mais la cigarette reste toujours un fléau.
Quand tu passes à nouveau en cardiologie, c’est idem avec les ECG ! Et la seule chose que tu apprends, c’est à comprimer les artères fémorales après les coronarographies.
Quand tu passes à nouveau en pédiatrie, tu découvres que les enfants sont plus courageux que les adultes. Que leur vision de la vie – et de la mort – est différente de la tienne. Et qu’ils sont tout bonnement formidables de volonté.
Quand tu passes en gynécologie-obstétrique, tu regrettes de ne pas avoir d’utérus. Ni de connaître les joies de la paternité.
Quand tu passes en médecine générale, tu comprends vite que c’est sûrement la spécialité la plus difficile. Où il faut tout maîtriser. Avec un esprit synthétique et une humilité pour passer la main au bon moment.
Quand tu passes aux urgences, tu espères vraiment que cela n’est pas le reflet de la société que tu soignes. Et pourtant...
Quand tu passes à nouveau en urologie, la prostate n’a plus de secret pour toi. Ni le sondage urinaire. Et tu n’hésiteras pas à te faire doser les PSA dès la cinquantaine.
Quand tu passes en médecine interne, tu découvres la face cachée du diabète. Peut-être la maladie la plus grave. A cause de ses multiples, sourdes et dévastatrices complications.
Quand tu passes en neurochirurgie, tu remarques que tes connaissances en neurologie sont bien piètres. Tu découvres l’anesthésie et l’intubation oesophagienne. Tu espères ne pas mourir d’une rupture d’anévrysme. Et que tout cela est fonction des variations de la pression atmosphérique !
Quand tu passes en maladies infectieuses et tropicales, l’antibiothérapie semble si simple. Mais que les IST sont bien trop fréquentes, que le VIH touche trop de monde, que la syphilis revient à la charge.
Quand tu passes en psychiatrie, tu espères ne jamais être hospitalisé dans un tel service. Que tu n’auras jamais à signer une HDT. Et tu doutes de ta santé mentale.
Quand tu passes en réanimation, c’est déjà la fin de ton externat. Mais tu restes un EDM (externe de merde), un esclave hospitalier, dont la principale occupation de l’été sera d’occuper la fonction de secrétaire. Tu apprends quand même que tu peux mourir jeune, d’un AVP, en conduisant trop vite, sans casque. Si tu bois trop (en quantité et sur un long terme). Si tu fumes trop.
Et tu choisis alors de devenir gynécologue-obstétricien. Dans moins de 12 H, tu auras tes propres patientes. Dans moins de deux jours, ta première garde avec tout l'expectatif qui l'entoure.
Une spécialité qui semble ouverte, large et humaine. Qui réunit femme, homme et enfants. Gynécologie, urologie, biologie de la reproduction, planification familiale, imagerie et prévention. Pas comme la plupart des disciplines médicales. Mais cela dépend surtout du médecin qui l’exerce...









