De retour de Suède !

Pourtant j'aurais dû y rester...

jeudi 5 avril 2007

Ouilla !... Docteur

Esculape_Ouilla_DocteurOuilla !... Docteur
Un médecin au charbon
, par Dr Jean Dautriat (1979)

Un moment de détente pour recommencer à lire. Un ouvrage mémoire de la part d’un médecin généraliste de ma région, qui dessine gentiment les traits de ces sympathiques patients et de leur accent à l’Aimé Jacquet de Sail-sous-Couzan (lire Couzéan).

Une façon pour lui de construire en avance son blog. En nous faisant part en 130 pages de ses joies et peines en tant que soigneur du village, confesseur des âmes minières, des femmes déçues par leurs amants, des jeunes pucelles qui tombent enceintes, le tout sur fond de patois local qui me fait rire (voire honte) au journal local mais dont les expressions restent touchantes et réveillent en moi le souvenir de mon enfance chez ma grand-mère...


Voici quelques expressions gaga :
avoir pris un mois de vacances tirant = d’une traite, sans interruption
beausseigne = notre peuchère méridional
entetation = entêtement + imagination
accumoncellement = télescopage entre accumulation et amoncellement
basu = abruti
passer derrière = réprimander
vogue = fête foraine
à barreau = à plat
marpillée = froissée, salie
broger = to brood ?!
une clanque = une bavarde
acheter = accoucher
catons = grumeaux
en abouchon = de face
inrésistable = irrésistible + insupportable
rafète = toux sèche / gargamelle = tous grasse


Quelques passages encore d’actualité même après 30 ans de médecine.

Les papiers (p. 115) en référence à ce billet de Grange Blanche
Justement, parlons-en des papiers, des certificats, des formalités administratives, des dossiers à remplir. La société croule sous les papiers. Une part de plus en plus importante du temps des médecins est dévorée par la rédaction de certificats. Il est pourtant au programme de tous les candidats aux élections de simplifier les formalités administratives.
Qui ne réclame un certificat ?
- Docteur, je voudrais un certificat comme quoi ...
- Docteur, j’aurais besoin d’un petit certificat...
- Docteur, il me faut un bon certificat...
Notez la nuance.
Le petit certificat ne constate pas un état de maladie, il confirme un état de bonne santé, il ouvre une porte et non un droit à de l’argent. Il est souvent demandé pour un enfant. Ce sont en général le père ou la mère qui vous demandent cela dans la rue ou à l’occasion d’une consultation pour eux. On répugne d’ailleurs à vous amener le sujet concerné. Il sera plus facile de ne pas demander d’honoraires puisqu’il n’y aura pas eu d’examen effectif ce jour-là. A la rigueur, il arrive qu’en empochant d’un geste rapide un petit certificat on vous demande du bout des lèvres :
- Je vous dois quelque chose ?
Mais jamais :
- Combien je vous dois, Docteur ?
Cela est réservé aux « bons » certificats.
Celui-ci affirme avec le plus détails possible un état de maladie, d’invalidité, d’incapacité permanente. Il débouche sur l’attribution d’une pension, d’un avantage, d’une exonération quelconque.
- Faites moi un bon certificat pour que je puisse toucher. Je vous paierai ce qu’il faudra.
- Faites moi un bon certificat d’aggravation, je touche pas assez.
On ne pense qu’à toucher...



L’invalidité (p. 118)
Combien gémissent, aspirant à l’invalidité !
- J’en peux plus, Docteur, mettez-moi à l’invalidité. Vous voyez bien comme je suis, même plus coté à l’Argus !
- Et vous croyez que les Assurances Sociales me la doivent pas, l’invalidité ? Ce serait bien la moindre des choses qu’elles me la payent, avec tout ce que j’ai versé, depuis le temps qu’on me retient.
On a versé, on doit toucher. Cela parait un juste retour des choses. C’est pourtant en totale contradiction avec le principe même de l’assurance. Mais allez l’expliquer !
Cependant, les papiers sont longs à venir. Il y a des démarches fastidieuses.
- Ah ! Vous savez, Docteur, ça commence à m’énerver toutes ces complications. Je vais aller trouver le médecin contrôleur et je lui dirai : « Ca suffit, toutes ces grimaces ! Je sais plus sur quel pied danser, vous voulez me la donner ou pas, mon invalidité ? C’est bien simple, ou bien vous me la mettez tout de suite ou bien je reprends le travail. »
Certains patients reviennent à la charge dix, vingt, cent fois. Tantôt on le prend bien, tantôt on est excédé. A la fin, ils découvrent leur jeu et vous déclarent en toute candeur avec un sourire de connivence :
- Allez, Doctour, tu me mets le validiti, je vais garder mes chèvres en Algérie et tu me vois plus di tout, je viens plus jami t’embeter, jami !
Ce serait l’invalidité à l’usure. A l’usure du médecin !


Edit : Apparemment, c'est même devenu un spectacle. A ne pas rater à mon humble avis.

Posté par Esculape à 22:40 - Quand il reste du temps pour lire... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


mercredi 25 janvier 2006

Blog de Frantico

Nouveau dans la blogosphère, je ne connaissais pas son blog. J'ai donc découvert à l'ancienne, sur papier, après avoir entendu la critique de cette BD sur France Info, ce bouquin, nomminé au prochain Festival d'Angoulème.
Que dire ? J'ai adoré, je l'ai dévoré en deux nuits. C'est un excellent ouvrage, un tantinet vulgaire (j'hésite encore à le prêter à Maman). L'histoire d'un "gros chauve" passionné (non, obsédé) de sexe qui nous livre son expérience de bloggeur, la genèse de sa célébrité. Facile à lire, cela donne le sourire.
Tout ceux qui comme moi sont restés au stade anal se régaleront...

Posté par Esculape à 23:43 - Quand il reste du temps pour lire... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 22 janvier 2006

Critique de film

brokeback15 ans déjà que je n'avais pas remis les pieds dans une salle de cinéma ! Une longue période me direz-vous. Non, pas tant que cela. Les films ne m'ont pas manqués, je reste plutôt passionner de lecture et de grands espaces. L'idée même de payer 8 € pour être cloitré dans une salle noire me donne de l'urticaire... Mais sur les conseils d'un ami suédo-américain, j'ai décidé de faire une exception et d'aller voir Le Secret de Brokeback Mountain réalisé par Ang Lee (Tigre et Dragon - 2001)...
C'est bien, très bien même si je ne suis pas sûr que cela ait mérité le Lion d'Or à la 62° Mostra de Venise... à part le fait que cela porte sur un thème politiquement correct actuellement : l'homosexualité.
La salle n'était pas pleine, mais le public était déjà acquis à sa cause. Beaucoup de couples homos, on faisait un peu "tâche" mes amies et moi-même...

Sans dévoiler l'histoire et sa fin, cela traite d'une amitié entre deux cow-boys, amitié qui insidieusement se transforme en une idylle amoureuse...

brokeback2On aime :
- les grands paysages et les espaces verdoyants du Wyoming
- le ton juste et pudique du réalisateur
- le jeu de caméra et du cadrage sur les chapeaux et les jambes des acteurs
- leur histoire d'amour, simple, viril, loin de l'image Cage aux folles dont les journalistes rafolent
- le choix des acteurs, le sourire timidement charmeur d'Ennis

On aime pas :
- que la version originale ne soit pas disponible dans ma Ville
- la première scène où ils franchissent le cap, cela ressemble plus à de la "proxi-sexualité" qu'à une histoire d'amour
- les clichés homosexuels : enfance sans parents pour Ennis, la moustache VillagePeople-like de Jack, l'esprit infidèle des gays
- qu'ils ne mangent que des pois en montagne... je les plains pour la suite...
- la scène du massage des pieds (je suis podophobe !)
- la fin, mais c'est très subjectif

On m'avait conseillé le double paquet de Kleenex, je n'en ai pas eu finalement besoin... On a quelques pincements au coeur, on se projette dans les personnages, dans l'époque... On comprend la douleur de l'épouse d'Ennis, on hait l'homophobie latente.

On m'avait annoncé un chef-d'oeuvre, c'est seulement un bon film. J'ai passé une bonne soirée, terminée autour de tapas pour un debriefing entre amis sur nos impressions, nos sentiments face à l'homosexualité, la bisexualité, l'homophobie, l'homoparentalité, etc... Les avis divergent mais la discussion est constructrice.
A aller voir tout de même.

Posté par Esculape à 22:36 - Quand il reste du temps pour lire... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 6 janvier 2006

Never let me go...

Gay sex, incidentally, was something we were even more confused about. For some reason, we called it "umbrella sex"; if you fancied someone your own sex, you were an "umbrella". I don't know how it was where you were, but at H. we definitely weren't at all kind towards any signs of gay stuff. The boys could do the cruellest things. According to R. this was because quite a few of them had done with each other when they'd been younger, before they'd realised what they were doing. So now they were ridiculously tense about it. I don't know if she was right, but for sure, accusing someone of "getting all umbrella" could easily end in a fight...

Posté par Esculape à 17:32 - Quand il reste du temps pour lire... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 10 décembre 2005

Merci Jean Yanne !

« Dans la moitié des couples d’aujourd’hui, c’est l’homme qui s’occupe des enfants et l’autre homme qui va travailler »
Jean Yanne

Posté par Esculape à 08:55 - Quand il reste du temps pour lire... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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